Ma première chaîne Peertube !

Et je suis devenu peertubeur ! En contradiction totale avec mes principes de réduction de l'empreinte numérique à travers le low tech, je me suis lancé dans l'aventure de vidéaste... Je ne dis pas YouTube parce que je ne suis pas sur YouTube mais sur son équivalent libre (et mieux !) Peertube. Sur l'instance Liberta Vidéo précisémment.

Ma nouvelle "chaîne" s'appelle donc... Super Scrogneugneu ! Oui, c'est un nom un peu ridicule, je l'accorde, mais je ne l'ai pas choisi. Pas vraiment. C'est un surnom donné par mes anciennes et anciens collègues, lors de mon pot de départ de mon précédent boulot. Comme je râle tout le temps, pour à peu près tout, elles et ils m'ont offert un T-shirt avec ce joyeux pseudonyme. Je me suis dit que mes râleries allaient leur manquer donc je fais une chaîne pour "créer du lien", utile en cette période de confinement.

En effet, depuis plus d'un mois, le coronavirus Covid-19 nous oblige à rester cloîtré à la maison. Et donc, entre mes sessions de télétravail, les enfants, la gestion du quotidien, je tente l'aventure de la vidéo sur le web. Ce choix, au-delà du nom, de l'idée et de l'anecdote, s'est fait aussi parce que ce support est parfois plus percutant que l'écrit. L'écrit demande du temps de lecture, une certaine concentration, on peut entrer plus longuement dans les choses, aller à son rythme. La vidéo offre un accès plus immédiat, plus ludique, mais moins analytique. Je me surprends ces derniers temps à suivre un certain nombre de chaînes YouTube et Peertube (via Invidious, Freetube, Newpipe, au choix) ; je télécharge les vidéos qui m'intéressent et me fait ma petite chaîne d'infos culturelles quand j'en ai envie. Dans un prochain billet, je vous présenterai les chaînes vidéo que je suis...

Mais la vidéo demande paradoxalement plus de travail de réalisation et d'outils dédiés, là où un éditeur de texte suffit pour l'écrit ! De fait, étant un grand bavard, je souhaite tenter les deux, et utiliser la vidéo pour toucher les internautes de manière plus immédiate, contrairement à mes articles qui demandent un peu de recul (et encore, je ne suis pas journaliste d'investigation).

Côté contenu, je vais me focaliser sur le numérique libre, les jeux, les trucs qui m'agacent, m'énervent, la culture... Bref, un melting pot assez large d'intérêts que je préciserai au fil du temps. Un peu fourre-tout au début, ça évoluera en fonction de la réception par... vous ! Mais, soyez sûr, il y a toujours de la mauvaise foi et de l'exagération, c'est ma marque de fabrique. La première vidéo que je posterai dans les heures qui viennent abordera le cas Whatsapp, outil social en confinement qui a pris une place démentielle dans les usages, aux mépris de toute prudence vu son proprétaire : Facebook...

Côté low tech, revenons-y. Pour l'instant, je fais mes vidéo en HD 720p. C'est plus que suffisant pour voir ma trombine. Mais je m'interroge à baisser la qualité, sachant que la plupart des internautes vont me voir sur téléphone. Peut-être testerais-je en 480p sur certaines vidéos, pour réduire la qualité, le poids et la charge. D'autant que l'hébergeur Liberta Vidéo n'a pas une place illimitée. C'est aussi bien, ça m'obligera à faire des choix, peut-être à supprimer d'anciennes vidéos (quand j'en aurais des anciennes !)... Bref, ça va m'obliger à un intéressante gymnastique culturelle.

Pour l'heure, je vous propose de me retrouver en vidéo et de ne pas hésiter à me donner votre avis et à "mettre un pouce" de la couleur qui vous convient selon si vous aimez ou non. Il faut que je trouve mon propre style mais j'ai déjà pas mal d'idées de vidéos, y'a plus qu'à !

@ bientôt !

The Librarian : des pixels à la bibliothèque

Comme promis, voici un premier jeu vidéo que je me fait un plaisir de vous présenter, l'ayant tout juste fini ce soir. Il traînait dans mon Lutris depuis quelques mois et je n'avais pas encore pris le temps de l'essayer... Quelle erreur !

"Something's wrong in the Library"... Telle est la phrase énigmatique qui ouvre The Librarian, un jeu d'aventure court. Par court, j'entends environ trente minutes pour le finir. C'est peu mais il faut contextualiser.

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(Image Octavi Navarro/itch.io)

Quelque chose ne va pas à la bibliothèque et c'est vous qui êtes chargé d'aller voir quoi. En pleine nuit, vous êtes surprise dans votre chambre par un puissant coup de vent. Une chouette est porteuse du terrible message, il est temps de partir... Ainsi commence l'aventure de The Librarian, un jeu pointe-et-clique en 2D dans la grande tradition du pixel art, réalisé par Octavi Navarro, un artiste espagnol. Ses oeuvres numériques en pixels s'exposent sur son site et c'est un plaisir de découvrir la richesse de son imaginaire émerger en carrés pastels...

Dans l'esprit des classiques de LucasArt, Navarro propose un jeu plutôt simple mais empreint d'une réelle poésie soulignée par une musique délicate et une mise en scène efficace. On traverse les décors, intrigué et fasciné par un univers de dark fantasy onirique où se croisent monstre nocturne, livres, statues, cadavres, fantôme et bien d'autres suprises inquiétantes et surprenantes. Les quelques textes en anglais sont facilement compréhensibles, la prise en main est immédiate.
Octavi navarro parvient à nous plonger dans son univers de pixels baroques et de mystères silencieux. Chapeau l'artiste !

Le jeu fonctionne sans installation ; nativement sous Windows et macOS, et sous Linux avec WINE. Il est téléchargeable gratuitement sur itch.io. Une solution en PDF est également disponible pour le cas où vous seriez bloqué !

Jouer sous Linux

Oui, c'est possible !

Dans mon précédent (et premier) article de blog, j'ai dressé un rapide état des lieux de mon usage de l'informatique et des changements à venir. J'ai mentionné notamment le fait que je joue sous Linux (j'en profite pour éjecter le vocable "GNU/Linux", plus juste mais abscons pour le grand public). Bon, on est loin de l'argument low tech, mais si je fais des efforts sur tout le reste...

Il y a un running gag qui court chez les non-linuxiens : on ne peut pas jouer sous Linux ! Ce à quoi je réponds "FAUX" (comme un certain youtubeur à succès...) : on peut y jouer des heures, des jours, des nuits, on peut faire du FPS, de la stratégie, de la plateforme, du RPG, de la simulation, de la course... Je continue ?

Alors, certes, pas mal de titres existants sous Windows ne sont pas et ne seront jamais disponibles sous Linux parce que celui-ci est plus ou moins crédité de 2 % de part de marché sur les ordinateurs (un chiffre tout relatif dont je reparlerai), mais suffisamment concret pour les éditeurs : trop de coût de développement pour trop peu de joueurs, ce n'est pas rentable...
Pourtant, développer et faire fonctionner des jeux sous Linux n'est pas excessivement compliqué, les outils existent. Tout au plus a-t-on des pilotes de matériel (carte graphique, etc.) à la ramasse, et encore ça change... L'avantage principal de Windows est sa popularité insolente depuis des décennies : on joue depuis si longtemps sous Windows qu'on n'imagine plus qu'on puisse faire autrement ! (J'ouvre une parenthèse : je parle ici de jeux sous Linux, sous-entendu sur ordinateur. D'un point de vue du nombre de joueurs, il y a bien plus de joueurs sur console et sur ordiphone — sur ce dernier point, Android est basé sur Linux... mais arrêtons les digressions.)
Linux est donc le parent pauvre, mais il n'est pas tout seul : macOS est à peine mieux loti.

On notera fort à propos que le jeu est un produit d'appel, il est donc intéressant d'en faire un argument de migration informatique vers Linux, par exemple en sachant qu'on pourra y jouer à The Witcher 3: Wild Hunt...

Différents type de jeux

Dans la suite de cet article, je vais faire part de mon expérience sous Solus avec un ordinateur de bureau moyennement puissant, sans carte graphique dédiée. Le constat étant posé, comment peut-on jouer sous Linux ? On va essayer de classer un peu tout ça.
Au départ, j'avais pris en compte les différents types de licences des jeux existants, mais ça sera certainement l'objet d'autres articles. Ce qui intéresse avant tout les joueurs, c'est de savoir si un jeu va fonctionner, qu'il soit libre ou non. Je me suis donc focalisé sur l'aspect technique :

  • les jeux natifs sont conçus pour fonctionner sous Linux ; ils peuvent s'installer et se lancer sans difficuté particulière et sans outil supplémentaire ;

  • les jeux pour Windows ne sont, de base, pas faits pour être utilisés sous Linux mais des outils très pratiques permettent de contourner ce problème ;

  • les autres jeux sont jouables grâce à des émulateurs ; ils en existe pour le retrogaming et pour les consoles.

Mon expérience

L'immense majorité des jeux vidéo pour ordinateurs étant devéloppés pour Windows, on va voir que plusieurs acteurs tentent de les faire fonctionner sous Linux, avec des bonnes et des mauvaises surprises. En ce qui concerne les émulateurs, la plupart sont très performants. Voici différents logiciels que j'utilise régulièrement et qui me simplifient grandement la vie.

Lutris

Le premier est Lutris, une plateforme libre de gestion de jeux. C'est un outil très pratique qui associe les fonctions classiques d'une bibliothèque avec un ensemble de fonctions et de scripts pour faciliter l'installation et l'usage de nombreux jeux non-Linux.
Lutris est une plateforme idéale pour le retrogaming et le jeu console, puisqu'il intègre de nombreux émulateurs. On regrettera que certains manquent un peu d'ergonomie... Côté jeux Windows, Lutris s'appuie sur WINE. WINE Is Not an Emulator mais un interpréteur de commandes Windows pour Linux. En gros, un programme qui convertit en langage Linux du langage Windows, permettant ainsi de lancer des logiciels pour Windows ailleurs que sur le système de Microsoft. Ca fonctionne plus ou moins bien...

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Depuis la fenêtre principale ou sur le site de Lutris, vous pouvez effectuer une recherche et voir si un jeu est supporté ; le cas échéant, un script permet de lancer l'installation. Dans ce cas, il faut disposer des ROMs ou des fichiers originaux. Si daventure un jeu n'est pas référencé dans Lutris, on pourra toujours l'installer manuellement.

D'autre part, en temps que bibliothèque de jeux, Lutris peut importer les jeux installés sur votre ordinateur en natif, via Steam (voir ci-dessous), GOG, Uplay, Origin ou d'autres plateformes, et même créer des succès vers des jeux web. Ce logiciel est suffisamment riche de fonctionnalités pour satisfaire la plupart des joueurs.

Steam

Faut-il présenter Steam ? Tout joueur sur ordinateur connaît cette plateforme devenu centrale, voire monopolistique, dans le jeu vidéo. Tout passe par un logiciel privateur qui propose de nombreuses fonctions comme l'achat de jeux, la egstion de sa bibliothèque, le clavardage, le jeu en réseau...

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La force de Steam, c'est son énorme catalogue de jeux, probablement le plus vaste du marché. Les développeurs du service oeuvrent également à démocratiser le jeu linuxien en incitant les éditeurs à proposer des versions Linux et en développant Proton, un interpréteur dérivé de WINE. Le site collaboratif ProtonDB, indépendant de Steam, permet de savoir si un jeu fonctionne.

Steam est en position dominante mais ses quelques concurrents sont soit à la traîne en terme d'offre pour Linux (GOG), soit complètement centrés sur Windows (Epic Store). Ca reste une excellente plateforme pour jouer sous Linux. A noter qu'il faut un compte, même pour les jeux gratuits.

PlayOnLinux

On ne saurait parler de jeux Windows sous Linux sans aborder PlayOnLinux, un logiciel conçu comme une interface agréable pour installer des jeux (et d'autres applications) avec WINE.

Concernant les jeux, PlayOnLinux s'appuie sur un WINE configuré pour chaque jeu supporté. Il suffit de créer une "boîte" avec la version de WINE que l'on souhaite (interpréter Windows XP en 32 bits par exemple) et d'y lancer l'installeur du jeu. Comme pour Lutris, il faut posséder les fichiers originaux.
PlayOnLinux sera utile si on se limite à quelques jeux Windows. Si le projet WINE bénéficie des améliorations apportés à Proton, ce dernier semble le mieux équipé pour lancer avec succès des jeux Windows sous Linux.

A noter que PlayOnLinux a un équivalent pour macOS fort logiquement appelé... PlayOnMac !

Le match ?

Il n'y a pas de match : Lutris, Steam et PlayOnLinux se complètent. Steam, un outil certes privateur, permet l'accès à un vaste catalogue de jeux variés, récents ou anciens, gratuits ou payants. Si vous êtes un gros joueur, vous apprécierez de pouvoir l'utiliser avec des limitations aléatoires. Lutris, un outil libre, permet l'accès à des jeux non Windows, notamment retro ; sa partie bibliothèque permet de créer un media center très intéressant. Quant à PlayOnLinux, il facilite l'accès aux jeux Windows sans dépendre de Steam ou d'un logiciel plus lourd.
Côté disponibilité, PlayOnLinux et Lutris se trouvent dans les dépôts d'application de la plupart les distributions. Steam est intégré dans certaines d'entre elles ; à défaut, un paquet Debian est disponible sur le site et il existe un Flatpak. Sous Solus, j'utilise les trois sans difficulté.

Je rappelle que les dépôts des distributions intègrent de nombreux jeux libres et natifs. Il y a plus de deux ans, j'ai écrit un article sur le sujet. Plus tout à fait à jour mais des pistes...

En conclusion

J'aurais pu parler de ./play.it, un ensemble de scripts pour simplifier l'installation de jeux Windows mais je ne l'utilise pas ou peu. J'aurais aussi pu citer des émulateurs mais la plupart se retrouvent dans Lutris, je vous renvoie plus haut.

Cette diversité montre le dynamisme des codeurs et la variété des solutions proposées pour permettre au plus grand nombre de joeur sous Linux. Si on est amateur de jeux AAA, de sorties récentes, il faudra se tourner vers Windows ou vers une console et s'éviter les désagréments s'une conversion hasardeuse. En revanche, pour les milliers de titres existants depuis les origines du jeu vidéo, Linux fait parfaitement l'affaire.
Je termine sur un bémol : si les jeux Windows peuvent fonctionner sous Linux, le risque est de voir les éditeurs délaisser ce système, laissant la communauté faire le travail le plus pénible. Un jeu natif sera donc toujours préférable et son utilisation incitera les développeurs à poursuivre leurs efforts vers le manchot...

Par la suite, je vous présenterai certains jeux que j'apprécie.

Ma seconde vie numérique

Bienvenue chez moi. Encore un blog, un de plus. Oui, mais j'espère bien que quelques lecteurs et lectrices viendront y faire un tour pour puiser quelques idées ou réflexions. Je causerai essentiellement numérique libre, ouvert, durable, parfois d'autres sujets.

Et comme il faut bien commencer quelque part, je me dis que je suis à une étape de mes vies : ma vie IRL et ma vie numérique. Ce matin, je me suis dit : "ta seconde vie numérique commence quand tu te rends compte de la futilité de la première".

Oui, cette phrase vaguement référentielle représente assez bien ma perception du numérique depuis quelques temps et en particulier depuis ces jours-ci. D'une part à la lecture de cet article d'Usbek & Rica, une présentation du mouvement low tech, et d'autre part la très forte probabilité que je change mon téléphone dans les prochaines semaines pour un modèle sous le système d'exploitation /e/.

En apparence, rien de commun, mais ce qui n'était qu'une réflexion dans un coin de mon cerveau devient peu à peu prééminente. Avant de poursuivre, je précise que je ne suis pas informaticien au sens large : ni développeur, ni web designer, ni graphiste, ni administrateur, ni quoi que ce soit en lien avec les métiers du numérique. Je suis bibliothécaire. Mais bien avant de l'être, j'ai été intéressé par les différents aspects du numérique : d'abord s'amuser avec (les jeux, sur Amstrad) puis créer (écrire, griffonner sous Paint), puis consulter (Internet), et ainsi de suite. Je me suis intéressé au logiciel libre puis à la culture libre, et aujourd'hui à l'éducation aux médias (à mort les intox), à la protection de la vie privée et à la réduction de l'empreinte écologique du numérique.

Je ne suis pas non plus technicien, je n'ai bricolé aucun serveur alimenté par l'énergie solaire, et j'ai toujours un smartphone gourmand en énergie, aux côtés d'un vieux PC de bureau.
Justement, parlons-en de ce PC et de ce smartphone. Le premier est une bête sans marque modifiée au fil des ans pour ne pas tout changer, juste ce qu'il faut. Elle fonctionne très bien sous Solus, le Linux que j'installe chez tout le monde, je peux même jouer dessus (sans trop en attendre côté 3D mais entre Steam, Lutris et les dépôts locaux, il y a le choix). Jusqu'à peu, mes fichiers personnels, nombreux, étaient synchronisé dans le cloud (un mot laid que j'utilise par commodité), à raison d'environ 250 Go de données précieusement conservées par Cozy. Objectif : accès immédiat et sauvegarde, parce que comme tout le monde, je ne fais pas assez de vrais sauvegardes régulières. C'est mal.

Avant Cozy, j'ai utilisé hubiC d'OVH, une offre gigantesque mais un logiciel désastreux sous Linux. J'ai abandonné et je crois qu'OVH aussi a abandonné. Avant encore, j'avais testé brièvement ownCloud via OpenMailBox quand ce dernier n'était pas encore une arnaque... Bref, j'ai un peu tâté, sans chercher trop loin, en tenant toutefois compte de mes vélléités d'outils ouverts, sécurisés et respectueux de l'utilisateur comme Cozy. Mais voilà : l'application Cozy plante sur mon PC. C'est une AppImage (c'est sûrement mal aussi), et je n'ai pas la patience, le temps, la compréhension de savoir pourquoi ça ne synchronise plus et ça se ferme au bout d'un moment. J'ai essayé des trucs mais ça me saoûle. On peut me rétorquer que sous Windows, ça marche mieux, mais Windows, je l'ai abandonné depuis longtemps, c'est juste une sorte de cadeau du Schtroumpf farceur, un truc joli qui te pète en pleine poire de plusieurs manières (vie privée, instabilité, complexité, monopole, choisis tes mentions).

Donc, me voilà avec un Cozy qui ne fonctionne plus. A côté de ça, j'ai un smartphone Archos. Oui, une marque française cheap et que je soutenais par volonté patriote (même si fabriqué en Chine : mais après tout, Archos paie ses impôts en France). Mais Archos, ce n'est pas mis à jour, ce n'est pas réparable, ça finit donc en déchet électronique polluant. C'est enquiquinant. Dans la famille, on a fait un défi zéro déchet et on essaie désormais d'acheter de l'occasion, du reconditionné, etc. C'est bien, c'est gratifiant, c'est utile, ça favorise l'économie circulaire. C'est très cool. L'appareil photo du smartphone ne fonctionne plus, la batterie commence à peiner, le réseau téléphone me semble parfois en coma éthylique, et des petites faiblesses par-ci par-là m'ont incité à changer avant qu'il ne lâche complètement et que je ne puisse plus rien en tirer.

Ca fait un moment que je lorgne chez /e/, un projet pas si dingue de proposer un Android dégooglisé, ouvert, libre et... fonctionnel. Ca paraît un peu idiot de préciser mais LineageOS et d'autres ROMs alternatives ne sont pas forcément dégooglisées ou libres, quant à Replicant, c'est un peu comme GNU/Hurd : une belle note d'intention. On peut être libriste, soucieux de sa vie privée, de l'état du monde face aux GAFAM, mais ne pas vivre dans l'obscurantisme du numérique. On peut vouloir juste un truc qui marche. Donc /e/ se pose là, avec un système issu de LineageOS mais travaillé pour rester le plus libre possible. Gaël Duval, derrière le projet, a autrefois créé Mandrake Linux devenue Mandriva (aujourd'hui Mageia ou OpenMandriva, choisissez) qui était un Ubuntu avant l'heure, le succès public en moins.
Le projet /e/, c'est une ROM installable sur de nombreux smartphones mais également la vente de smartphones pré-installés et surtout... reconditionnés. Vous voyez où je veux en venir ? Mais quel rapport avec le cloud et le vieux PC et la low tech ? Tout ça pour quoi ? Cette note de blog est interminable... Si vous êtes toujours là, continuons.

En vue de l'acquisition d'un téléphone sous /e/ (un joli Samsung réparable et solide), je me suis créé un compte sur le site d'/e/ pour bénéficier des futurs services de l'appareil dont un mail/cloud via Nextcloud. Nextcloud, j'ai suivi de loin, ç'est pas mal, puissant, modulaire et vraiment multi-plateforme. Cozy, c'est chouette, français, ambitieux, mais un peu avare en fonctionnalités et en support pratique. Dommage.

Donc, via Nextcloud je peux stocker des fichiers, synchroniser mes contacts, mes agendas, mes notes sur Solus et Android, bientôt sous /e/. C'est bien. Je peux donc utiliser un nouveau stockage de... de... 5 Go ?! Vous avez bien lu, et vous avez bien lu plus haut, j'ai environ 250 Go stockés chez Cozy. Même avec un put*in d'algorithme de compression, je ne parviendrai pas à passer de 250 à 5 sans amputations sauvages !
Comment procéder ? La low tech entre en jeu. Pas techniquement, mais philosophiquement. La notion de dégraisser ses usages, de dégraisser le web, de revenir à l'essentiel me plaît. Un défi. En temps qu'auteur amateur et animateur d'ateliers d'écriture à la médiathèque, on n'est jamais mieux loti et créatif que dans la contrainte. Limiter les possibilités appelle à les dépasser, à contourner les problèmes. J'ai donc décidé de faire un gros, très gros tri dans mes fichiers et de décider ce qui doit servir quand et où. En premier lieu, je pourrai abandonner tout cloud, ça serait mieux. En vrai, c'est quand même utile pour certains usages. Donc, lister lesquels. Quels fichiers restent dans le cloud ?
Puis, ce qui doit être sauvegardé sur des disques externes. Et ce qui doit être synchronisé via Syncthing avec ma femme, sur mon smartphone, etc.

Evidemment, les photos vont être dupliquées en local (disques durs internes, externes...). Mes textes vont aller dans le cloud. Pas question de les perdre. Il y a deux ou trois ans, j'ai déjà quasiment tout passé d'OpenDocument au Markdown, donc en fichier texte. Ca ne prend pas trop de place mais c'est beaucoup de contenu depuis des décennies. La musique, ça restera en local et un peu de synchro sur téléphone. Les documents administratifs partagés avec ma femme. Tout ce qui concerne les loisirs (jeux, blog...) ça sera au cas par cas.
L'idée est donc de profiter de plusieurs outils pour en remplacer un seul : Nextcloud à 5 Go, Syncthing, supports externes... Ce n'est que le début de ma seconde vie numérique et elle s'annonce très intéressante.

Une prochaine fois, je vous parlerai de la refonte de mon site web principal consacré à H.P. Lovecraft, où j'ai décidé de passer d'un ancien wiki + forum à un site statique, avec un enjeu low tech.

@+

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